

Mais dans un contexte de KYC (Know Your Customer) renforcé, quand la traçabilité des flux financiers représente un enjeu majeur de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT), le système de la néobanque pose déjà problème. A dématérialiser et automatiser à l’extrême, quelles garanties de conformité ces nouveaux acteurs du marché bancaire sont-ils en mesure de fournir ? Etat des lieux.
Les arguments marketing de la néobanque ?
L’expérience client comme préoccupation centrale, les banques digitales ne peuvent a priori pas se permettre de complexifier les process, qu’il s’agisse des modalités d’ouverture d’un compte ou des ordres de transaction financière. Pourtant ces process entièrement dématérialisés ne sont-ils pas justement de nature à faciliter – voire inciter à – la fraude ? Le modèle d’UX sur lequel se basent les fintechs pour promouvoir leur offre de services est visiblement en contradiction avec les exigences KYC pour se conformer aux dispositions réglementaires de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Déjà 2 « brèches » depuis l’avènement de ces nouveaux acteurs du marché bancaire.
Effectivement, le risque est élevé. Alors que les banques traditionnelles voient leurs futurs clients en face à face lors de l’ouverture d’un compte, l’écran fait barrière entre l’établissement et l’utilisateur de la néobanque. Sans rendez-vous avec un conseiller en agence, comment garantir que les papiers d’identité transmis pour l’ouverture d’un compte émanent de leur détenteur et sont conformes ? Au-delà de la fraude documentaire, comment garantir l’infaillibilité des systèmes automatisés de surveillance des transactions ?
Vérifier les identités et tracer les flux financiers : les objectifs de la LCB-FT sont clairs. Si les process de KYC permettent d’approfondir et de certifier la connaissance client, encore faut-il les adapter au nouveau modèle des banques numériques.
Une piste majeure : vérifier les visages au moment de vérifier les documents d’identité. Les outils actuels :
En l’état actuel des choses, la reconnaissance ID est privilégiée par les banques numériques pour se conformer à leurs obligations légales. Une étude de l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) publiée fin 2018 met cependant en relief les attentes des néobanques : elles souhaitent pouvoir s’appuyer sur un dispositif d’identité numérique entériné par les pouvoirs publics pour se conformer sans risque à leurs obligations légales de vigilance.